Echappée Belle Intégrale 2019

Mon Echappée Belle aura durée 47h44. Mais honnêtement les premiers moments vécus vendredi matin au départ me semblent dater de beaucoup plus loin… Voici comment j’ai vécu l’intégrale de l’Echappée Belle avec ses 149km le long de la chaîne de Belledonne ! Cet ultra ne ressemble à aucun autre, il se mérite et se savoure.

Intégrale de l’Échappée Belle; la veille

Nous prenons la route jeudi matin direction Belledonne ! Le début d’une nouvelle aventure, de cet objectif de saison tant attendu !

La route se passe plutôt bien, sans trop de trafic. Nous arrivons sur place vers 13h, le temps de se faire un petit resto avec de bonnes lasagnes !

Echappée Belle 2019

Etape suivante, aller récupérer le dossard dans le gymnase. Il y a déjà un peu de monde, mais rien de comparable aux courses de Chamonix ! Les vérifications des sacs sont plutôt sommaires. Je récupère le dossard en moins de 30 minutes avec un t-shirt plutôt sympa !

Echappée Belle 2019

Nous reprenons ensuite la voiture en direction de l’hôtel qui se situe après Grenoble à environ 1h de route.

Le reste de l’après-midi est réservé à la re re re re vérifications des sacs, au « briefing » de mes accompagnateurs (les pauvres). Puis pause dans le parc de l’hôtel avant d’aller manger !

EB2019 - preparation sac

Echappée Belle 2019

Extinction des feux pour une courte nuit vers 21h.

 

Intégrale de l’Echappée Belle; première journée

Après un réveil qui pique et un petit dej à 3h45, direction la zone de départ (30 minutes de voiture). Une fois sur place, je reprends un ptit dej avec du bon pain et de la confiture ! Autant en profiter, les repas des prochains jours seront plus light !

Echappée Belle 2019

30 minutes avant le départ de la course, direction le sas de départ pour se mettre dans l’ambiance puis écouter attentivement le briefing de cette Echappée Belle.

Le speaker annonce la couleur, un coureur sur deux n’arrivera pas au bout de cette Echappée Belle, c’est la même tous les ans… Gros moment de flottement dans les troupes où on se regarde tous un peu entre nous…

Dernières consignes de l’organisateur, le beau temps est prévu sur l’ensemble du weekend et GESTION, GESTION, GESTION doit être notre leitmotiv sur les prochaines heures. Je prends un départ prudent avec la dernière partie du peloton.

Echappée Belle 2019

 

De Vizille (km 0) à Arselle (km 16) : on s’échauffe

On trottine dans le parc, on passe devant le fameux château, puis ça monte en chemin boisé, plutôt bouché et sans intérêt, mais il faut bien monter de quelque part. Le terrain reste souple et varié. On monte tranquillement mais surement. A ce stade nous sommes encore regroupé mais cela ne va pas durer.

Echappée Belle 2019

 

De Arselle (km 16) à La Pra (km 27) : Belledonne j’arrive !

Nous quittons ensuite les bois, le soleil est là, le plateau est magnifique, il y a des chevaux, la vie est belle (pour l’instant). Je m’arrête quelques minutes à ce premier ravito de cette Echappée Belle, le temps de manger, prendre une soupe, discuter un peu avec mes parents et faire le plein de flotte pour la suite.

Echappée Belle 2019

EB2019 - Arselle ravito 2

Le sentier qui y mène est très joli, on passe devant plusieurs lacs. La température commence à monter… Avant de continuer l’ascension vers la croix de Belledonne, je prends le temps de manger et de remplir les flasks. Les paysages sont magnifiques.

EB2019 - avant la pra 2

EB2019 philippe scherrer Pra

EB2019 - avant la pra 3

EB2019 - Refuge Pra 5

EB2019 - Refuge Pra 2

 

De La Pra (km 27) à Jean Collet (km 38) : le début des cailloux

Je pars du ravito avec une allure plutôt lente « doucement mais sûrement ». La montée vers la croix de Belledonne se passe plutôt bien. Sans grosse difficulté, on sent que l’environnement change !

EB2019 - croix Belledeonne

EB2019 - croix Belledeonne 4

EB2019 - croix Belledeonne 2

Je me répète souvent dans ma tête « gestion/gestion/gestion, cette Echappée Belle va encore être longue ». Le plaisir est vraiment au RDV sur ce point le plus haut de Belledonne à 2900m d’altitude. Une fois là-haut, je prends quelques minutes pour me poser et profiter ! Je me sens bien, plein d’euphorie ! Lorsque je reprends la route, je trottine dans la descente tout en restant sur la réserve !

EB2019 - croix Belledeonne 5

EB2019 - croix Belledeonne 6

Nous arrivons ensuite au col de Freydane puis passage par le lac blanc (et oui encore un). Le sentier est plutôt technique mais agréable. J’alterne entre marche plutôt rapide et légère course. Je devrais retrouver mes accompagnateurs sur ce 3ème ravito (refuge Jean Collet).

EB2019 - col Freydane

Concernant la BH, j’ai pour le moment encore de la marge ! Une fois de plus le cadre est magique ! Le refuge semble être posé sur ce gros rocher. Je fais une pause (plutôt longue) et prends le temps de bien manger. Pour l’instant toujours la même formule : soupe, Tucs, fromage, coca et 1l de St-Yorres.

EB2019 - col Freydane 3

EB2019 - col Freydane 4

Après cette belle pause, je quitte mes parents pour me diriger vers le refuge d’Habert d’Aiguebelle. Je m’apprête à en baver sur ce tronçon de 9km. Je ne connais pas mais il paraît que c’est technique ! Il va falloir en garder sous les baskets pour le col de Mine de Fer, un des points redoutables de cette Echappée Belle, il parait !

EB2019 - apres super collet 3

EB2019 avant la Pra

EB2019 - ravito Pra

 

De Jean Collet (km 38) au Habert d’Aiguebelle (km 47) : On y est

La montée débute plutôt calmement sur un single avant de se retrouver dans un coin sauvage, super sympa. 2-3km plus loin nous atteignons un grand « champ de cailloux » qu’il va falloir traverser !!

EB2019 - Mine de fer

La vitesse de progression va prendre une belle claque à partir de ce point ! Je passe en mode « patience » (si si je sais faire…) et avance tranquillement. Pour l’instant les indicateurs sont encore au vert !! Heureusement car il reste quelques kilomètres à parcourir pour aller sonner cette fameuse cloche de l’Echappée Belle.

EB2019 - Mine de fer 2

Je ne m’éternise pas sur ce ravito car commence à avoir frais et souhaite avancer avant que la nuit tombe ! La portion qui va suivre va être difficile et technique avec le passage au Col de la vache.

 

Du Habert d’Aiguebelle (km 47) au Pleynet (km 64) : fin de la première journée

Le début de la montée se fait sur un single sans grosse difficulté. Je monte à mon rythme et dépasse pas mal de coureurs.

EB2019 - Jean collet 3

Le soleil se couche, les nuages montent, je prends le temps de regarder les couleurs du ciel rougir avant de s’assombrir peu à peu. Quelques kilomètres plus loin, je m’attaque aux cailloux du col de l’Aigleton. Ambiance plutôt bizarre ici, le brouillard se pose sur les cailloux comme si une autre course devait commencer ! Le pierrier est plutôt long mais l’on trouve plutôt facilement sont chemin ! En haut, j’entends une cloche et des encouragements ! ça sent bon, je ne devrais plus tarder à basculer de l’autre côté !

EB2019 - Col Aigleton 000

Là-haut, super ambiance !! 3 bénévoles nous accueillent comme il faut dans une super ambiance !! L’état d’esprit de cette Echappée Belle est vraiment top !!! S’en suit une petite descente ou je croise un troupeau de mouton avant de remonter de l’autre côté !

EB2019 - Col Aigleton

EB2019 - Col Aigleton 2

Avant de commencer cette montée, je décide de m’arrêter quelques minutes pour sortir la frontale du sac histoire afin de ne pas trop galérer dans les pierriers ! Je commence ensuite cette montée qui pique bien les jambes !! On monte droit dans le champ de cailloux où il faut assurer chaque pas ! Entre trous et cailloux qui bougent il est plus facile de descendre en arrière que d’avancer… Je me trouve plutôt lent sur cette section mais ne me fait pas doubler. Je reste sur mon petit rythme et avance pas après pas pour atteindre le sommet !

EB2019 - col de la vache 222

S’en suit une looongue (et interminable) descente vers le Pleynet…. En passant devant le lac du Cos et me dis c’est bon … on attaque la dernière descente en direction de la base de vie ! .. que nennie ! Il y a 5 km vallonnés pour atteindre les 7 Laux soit au moins une bonne heure. A ce stade, petit coup au moral, je trouve le temps très long. Dommage car cette section mériterait d’être courue de jour avec ces nombreux lacs, barrages et points de vues !

 

Je suis plutôt seul à part quelques traileurs que je croise. Une fois le contrôle passé, il faut maintenant descendre le Col de la Vieille qui est plutôt technique et glissant de nuit. Le sentier devient moins technique sur la fin et je peux (enfin) allonger un peu le pas et trottiner : quel luxe sur cette Echappée Belle ! Oh ça y est on est en bas ! je vois la base vie et toutes ses lumières ! Mais elle est encore basse.. Quelques centaines de mètres plus tard, j’apprends que nous ne descendons pas directement sur la BV, mais devons la contourner par la gauche ! Un panneau indique 3,5 km restant… quoi ??!! Nouvelle baisse de moral, surtout que le chemin est vallonné donc avec quelques petites remontées…

 

Je me force à relancer, pour changer un peu de rythme et surtout arriver le plus rapidement possible à la BV pour me doucher, manger et me poser !!

 

Le Pleynet, première base de vie !

Je resterai un peu plus de 2h00 sur cette première base de vie ! Le temps passe super vite ici mais me permet de :

  • Prendre une douche (c’est une première pour moi sur un ultra !)
  • Me ravitailler avec de bonnes pasta bolo
  • Me poser 20minutes dans le dortoir (ou je n’arriverai pas à trouver le sommeil !)
  • Et de recharger mon sac pour la seconde partie de l’aventure.

Malgré le temps passé, je suis persuadé que ce long temps de pause est un investissement qui permet de repartir plus frais, et continuer sereinement à avancer sur cette Echappée Belle !

EB2019 - repas Pleynet

 

Le Pleynet (km 64) au Gleyzin (km 80): interminable

En repartant du Pleynet, on descend rapidement à Fond de France. La nuit est agréable, la température correcte et douce. Nous enchainons sur 2-3km globalement descendants, faciles et roulants qui nous emmènent au pied de la grande Valloire pour une montée de plus de 800mD+ en 3,5km.

J’attaque la montée tranquillement, sans me soucier de la montre et de ma vitesse ascensionnelle (un autre apprentissage sur cet ultra). Je reste au feeling et me répète : gestion, gestion et gestion !  A ce stade de la course je croise quelques coureurs qui semblent être en difficultés, un peu Zombiland à l’ Echappée Belle cette montée !! Beaucoup de concurrents à la dérive, sans jus, les yeux qui se ferment. Cette montée ne se termine jamais ! Je me cale derrière un petit groupe pour me forcer à avancer et arriver au chalet de la grande Valloire.

Je profite de ce mini ravito sauvage pour boire deux thés bien sucrés et manger une barre de céréales. Il commence à faire plus frais par ici. Je continue ensuite sur un chemin en balcon avant d’entamer la descente vers le ravito du hameau du Gleysin.

Le terrain devient plus facile et permet à nouveau de courir… Je profite de de ces moments qui sont plutôt rares !

 

Le Gleyzin (km 80) à Périoule (km 90): ça pique

Je fais une rapide pause sur ce ravito qui est tenu dans une bergerie. L’environnement est vraiment sympa, cela change ! Concernant l’ambiance qui plane, c’est un peu différent : un sacré mouroir avec pas mal de monde bien marqué sur les bancs le long du mur et une ambiance silencieuse.

EB2019 - Gleyzin

Je remplis mes bidons, mange 1 soupe et je sors attendre mes accompagnateurs que je vais finalement manquer pour des raisons de navette ! C’est reparti pour le Moretan.

EB2019 - Moretan 2

Ce col fidèle à sa réputation sur cette Echappée Belle !! Je me sens plutôt bien dans cette première partie de montée et je double régulièrement (et ça me booste encore plus). J’arrive au refuge de l’Oule et en profite pour prendre deux bons thés sucrés !! Les paysages sont une fois de plus magnifiques !

EB2019 - Moretan

La partie après le refuge est assez délicate, raide et inégale jusqu’au replat et je double encore 2-3 concurrents scotchés par la pente.

Puis après le replat, c’est raide aussi par endroit, quelques passages « freeride » au milieu des cailloux et des blocs mais c’est quand même moins difficile que du côté de la mine de fer ou le col de la vache, malgré la fatigue. Lorsque j’approche du sommet, je vois débouler le premier du 85km de cette Echappée Belle !! Nous n’avons pas du tout la même allure dans la pente !! Après un nouveau pointage nous entamons la descente !!

EB2019 - Moretan 3

Que dire de cette descente !!! Une sacrée expérience, divertissante !! 800m de corde (non non je ne me trompe pas) tirée pour passer ce grand névé puis descendre sur une crête à 45% de pente sur des cailloux instables, sans aucun sentier !! Il faut faire confiance à ses chevilles pour avancer.

EB2019 - Moretan 4

Malgré la difficulté, je crois que c’est mon coup de cœur du parcours de l’Echappée belle ! Cette énorme descente avec la vue sur la vallée de Périoule au niveau de la moraine, je suis fan !

 

A ce stade, il n’y a plus grand monde à l’horizon et je n’ai plus l’impression d’être en course… Je m’éclate dans cette descente, encore plus en arrivant avant le lac Moretan (supérieur) où il faut traverser un champ de bloc, à nouveau en improvisant sa trajectoire. Pour le coup, les blocs sont stables, la roche accroche bien donc on peut bien se faire plaisir à sauter de blocs en blocs.

EB2019 - Moretan 4

Le lac supérieur est vraiment magnifique avec sa couleur bleue et son environnement chaotique… (note pour plus tard : l’endroit est idéal pour un bivouac !!)

Passé, ce lac, on sort un peu des cailloux pour retrouver des sentiers un peu marqués.

EB2019 - lac supérieur

J’arrive ensuite sur ce vallon verdoyant de Périoule.

EB2019 - Perioule 2

Périoule (km 90) à Super Collet (km 100)

Au menu de ce ravito, pommes de terres chaudes, nouilles, pain frais le tout dans une très bonne ambiance et avec le confort de sièges de camping (ceux avec accoudoir et repose gobelet…le grand luxe !!)

Je profite de ce moment de calme dans un endroit super sympa pour reprendre des forces et remplir mes flasks.

EB2019 - Perioule

Mes pieds me font vraiment souffrir à ce stade de la course !! Mal au talon et surtout à mon satané orteil qui était cassé en début de saison ! Lorsque je décide de repartir du ravito : belle surprise, mon papa est venu faire une rando dans le coin !! J’en profite pour discuter un peu et lui demande de m’emmener une autre paire de chaussures pour la dernière partie de cette Echappée Belle! Après quelques minutes je repars tranquille pour descendre en bas de Périoule.

La descente se fait par un barrage. La descente est vraiment longue mais assez facile (par rapport à tout ce qu’on a fait jusque-là). A la fin, on a quelques mètres pour se dégourdir les jambes avant d’attaquer cette montée, loin d’être la plus fun de la course sur une piste de débardage plutôt raide. A signaler quand même qu’il est fin de matinée, que l’ombre est rare et que pour moi c’est une fournaise ! La montée ne se passe pas super, mais je serre les dents pour avancer et en finir au plus vite ! Je croise pas mal de coureurs du 85km à ce stade de la course.

EB2019 - arrivee Super Collet

Nous enchainons ensuite avec presque 4km en balcon jusqu’à Super Collet : ces km semblent interminables même s’il y a du monde pour nous encourager ! La végétation change complètement ici. Quelques dizaines de minutes plus tard, j’arrive à la station et passe sous l’arche de Super Collet ou m’attend mon assistance.

EB2019 - ravito super collet 2

Beaucoup de monde ici et toujours une bonne ambiance ! A ce stade, j’ai « déjà » 100km sous les baskets ! Je profite de la présence de mon assistance pour manger une bonne soupe et du pain avec fromage et saucisson ! Les pieds un peu explosés, je décide de changer de baskets, mais pas de chaussettes ! La pause durera en tout 45 minutes avant de repartir : j’aurais pu faire plus rapide mais ça fait du bien quand même !

EB2019 - ravito super collet

 

Super Collet (km 100) à Val Pelouse (km 117) : Trop chaud !

Je repars ensuite à l’assaut du col de Claran en plein soleil sur une piste de ski bien large sous le télésiège. Pfffffff ça ne motive pas vraiment comme reprise. Ce n’est pas l’endroit le plus fun de l’ Echappée Belle mais ça ne dure pas trop longtemps. Nous arrivons ensuite sur une jolie crête avec surtout une vue panoramique : à droite, tout ce qu’on a fait le matin et à gauche, vue sur les Férices et toute la traversée à venir.

EB2019 - apres super collet 2

 

On bascule ensuite pour une longue descente de 600mD-. En début de descente, d’immenses champs de myrtilles avec pas mal de cueilleurs. J’en profite pour en manger quelques-unes avant de passer au refuge de Claran pour un nouveau contrôle. Lors de cette descente, je ne suis pas souvent seul. Pas mal de monde du 85km me doublent.

Un peu plus tard, j’arrive au torrent du Bens en bas où on peut se rafraîchir. Erreur de ma part, j’aurais dû faire le plein des bidons, car la portion suivante va être plus longue que prévue ! Puis commence une nouvelle montée ou je suis « sec » !! Manque de jus, chaleur, fatigue ! Il fait vraiment chaud dans cette montée et heureusement qu’on croise des ruisseaux tous les 100-200m. Je suis bien content de pouvoir plonger la casquette dedans pour me rafraichir un peu !

EB2019 - Arpingon

Après presque une heure de montée en zic-zac j’arrive donc au refuge des Férices où il y a un pointage et surtout une source qui est la bienvenue pour faire le plein. Super ambiance là-haut avec un mini ravito et boissons fraiches ! Je commence à avoir mal aux quadris ! La précédente montée laisse des traces !

EB2019 - Arpingon 2

Je ne m’éternise pas sur ce pointage même si je repars dans le dur. Nous partons sur ce chemin à flanc tout en montée et pas forcément facile avec pas mal de dévers. J’essaye de coller à un petit groupe de coureurs histoire de m’accrocher ! S’en suis une nouvelle montée raide, qui tire vraiment ! J’ai l’impression d’être à l’arrêt, même si la température baisse.

EB2019 - Arpingon 4

A ce stade, je n’ai qu’une envie, descendre et arriver à la prochaine base de vie de cette Echappée Belle. Manger commence à être compliqué. Premier vrai coup de mou de ce weekend !

Une fois au col d’Arpingon où il y a un nouveau pointage je fais une rapide pause pour échanger avec les bénévoles. Cela me change un peu les idées.

 

La descente suivante est par moments délicate. Il faut faire attention avec la fatigue. Je décide de ne pas me forcer à courir.. Mieux vaut marcher rapidement et s’économiser plutôt que de se forcer à courir !!

Il y a maintenant un replat sur un sentier plutôt roulant d’au moins 3km avant d’arriver à Val Pelouse. Sur cette descente, il est déjà temps de ressortir à la frontale pour la seconde nuit sur les sentiers de l’ Echappée Belle ! Le temps passe, j’ai l’impression que le jour s’est à peine levé !

EB2019 - Val Pelouse 2

Pas mal de monde lorsque j’arrive au ravito. Mes accompagnateurs sont déjà présents. J’essaye de me poser un peu mais impossible ! Tous les lits sont occupés. J’essaye ma technique de l’UTMB : dormir assis, la tête posée sur la table ! Mais en vain, il fait trop froid, je tremble énormément. De plus je n’arrive plus vraiment à manger !! Le moral un peu dans les chaussettes ! Il me faut trouver des solutions si je veux avancer pendant cette seconde nuit ! Je décide de ne pas trop tarder et de refaire une tentative de dodo plus tard, seul en montagne !

 

C’est ici que je quitte mes accompagnateurs. Dernier point avant la ligne d’arrivée, si tout se passe bien. Je fais le plein en eau car j’estime la prochaine étape à 7h pour rejoindre Aiguebelle.

 

Val Pelouse (km 117) au Pontet (km 135): Je veux dormir !

S’en suite une belle montée jusqu’au premier col. Pas grand monde sur notre passage, mais j’avance tranquillement avec un autre coureur de l’intégrale. La montée se passe plutôt rapidement à discuter de tout et de rien. Nous entamons ensuite la descente vers les sources du Gargoton avant d’attaquer la dernière « vraie » montée de cette Echappée Belle, bien raide sur la première partie.

Au col de la perche, les bénévoles me disent que ça y est, ça n’est que de la descente jusqu’au pontet ! Mouais c’est sympa, mais pas tout à fait, d’après le profil est reste encore 2 petites bosses.

 

Ça y est, on est vraiment sortis de Belledonne-cailloux et c’est donc bien plus roulant malgré les nombreux faux-plats jusqu’au sommet du grand chat, le vrai point haut avant la descente vers le Pontet. A ce moment de la course, je paye vraiment le manque de sommeil. Je me surprends à dormir en marchant et me réveiller lorsque je trébuche sur des cailloux !! Il est temps pour moi de faire une pause, cela devient dangereux.

 

Peu après l’attaque de la descente, j’arrive à un nouveau pointage. J’informe les bénévoles que je vais faire une sieste, plus loin et leurs demandes s’il est possible de venir me réveiller d’ici 15minutes ! A peine en position horizontale : JE DORS !!

Après 15 minutes je repars avec une impression de fraicheur hallucinante !! Même si les quadris me font souffrir, je cours !!! Miracle !

Le reste de la descente est sans intérêt, mais comme à l’allée, il faut bien revenir !! Presque 10km jusqu’au Pontet, avec l’objectif de me relâcher, d’avancer le plus vite possible (à une vitesse folle…). Je double quelques coureurs des différentes courses qui sont en mode zombie ! J’arrive encore bien à courir sur cette descente, plutôt content !

A 2km du ravito, ça s’aplanit vraiment, il faut maintenant faire un bel effort pour courir dans la forêt bien sombre.

 

Le Pontet (km 135) jusqu’à Aiguebelle: YES !

Je quitte rapidement ce dernier ravito en direction de l’arrivée après un bon thé au chaud. Derniers kilomètres de cette aventure sur cette Echappée Belle tant attendue ! Le défi semble être réussi. Je jette mes dernières forces dans la bataille…

La toute dernière montée commence plutôt tranquillement puis devient de plus en plus raide ! Manque de pot, j’ai perdu un gantelet de mes bâtons vers le dernier ravito (un peu les boulles !). Mes cuisses me disent stop même si la montée est beaucoup moins raide que les autres.

Et encore, ça n’est rien comparé aux pistes une fois arrivé en haut de cette dernière bosse (la vraie celle-là, il y a quand même 450m de D+) où le mental est mis à l’épreuve avec des détours et des coups de cul à n’en plus finir.

Il y a des longs passages sur une ancienne route qui ne semble plus être utilisée avant de déboucher pour les 2-3 derniers km sur de la vraie route. Dans ces derniers kilomètres, je fixe ma montre pour espérer terminer sous les 48h de course ! Ces 20 derniers km depuis le sommet du Grand Chat sont vraiment durs et paraissent interminables après les 130 premiers km exceptionnels.

Je savoure cette arrivée dans Aiguebelle mais il très tôt et c’est un peu mort quand même…c’est pas l’ambiance foufou de l’UTMB!!

Je franchis la ligne d’arrivée de cette Echappée Belle super content, limite la petite larme à l’œil de cette aventure qui s’achève. J’ai eu le temps les derniers km de repenser à cette superbe saison (malgré la blessure de début de saison et une Montag’Hard un peu particulière), et surtout ce projet avec l’Association A Chacun Son Everset !

Le temps de reprendre mes esprits et je vais faire sonner cette fameuse cloche …. Ça y est je suis finisher de l’Echappée Belle !!!

EB2019 - arrivee Philippe Scherrer 2

Après quelques photos et papotages, direction la tente pour récupérer mon cadeau finisher (sur ce point ils assurent aussi … un sac trail de 4litres).

Puis une bonne bière, bien fraiche !!! ça réveille les papilles, même si tôt le matin !

EB2019 - biere arrivee 2

Au bout de l’aventure

Comment résumer en quelques mots cette folle aventure sur le massif de Belledonne, comment le décrire …. Tellement beau, Tellement exigent !

« Gestion, Gestion et Gestion » qu’ils disaient lors du briefing de course…

Ce massif particulier où Il faut :

  • Aimer les cailloux ou apprendre à les aimer (des petits, des gros, des hauts, des glissants, …)
  • Ne (surtout) pas être pressé ! Il est souvent plus facile de reculer que d’arriver à avancer dans ces immenses pierriers … Deux pas en avant, un (grand) pas en arrière
  • Arriver à se déconnecter et prendre du recul pour continuer à avancer
  • Accepter de descendre moins vite que l’on monte (si si ça existe les descentes à 1,5km/h)

 

Mais Belledonne c’est aussi et surtout :

  • Des paysages de dingue !!!
  • Un ultra qui marque les esprits !!!
  • Une ambiance si particulière sur cette aventure !!!
  • Des Personnes, des Bénévoles et des Amoureux de la montagne !!!
  • Une grande leçon qui « remet le caillou au centre du pierrier » (mini citation que j’ai inventé à l’attaque de la seconde nuit, la fatigue doit y être pour quelque chose)…
    • Même en arrivant « entraîné » il faut vite accepter que le weekend risque d’être long

EB2019 - cadeau finisher 1

Pour résumer, un super weekend ou il aura fallu en manger des gros cailloux pour aller faire sonner cette fameuse cloche à Aiguebelle et porter les couleurs de l’association A Chacun Son Everest jusqu’à la ligne d’arrivée ! Une fois de plus, beaucoup d’apprentissages sur ce dossard.

Malgré un retour brutal au bureau dès le lundi matin, je reviens de l’Echappée Belle les étoiles plein la tête, et des cailloux plein les chaussures !!!

« On ne gravit pas les montagnes…, ce sont les montagnes qui nous élèvent ». Maintenant, place à la récup et soins des petits bobos.

MERCI > Encore un énorme merci à :

  • ma famille (et oui il y a des contraintes… sur la prépa de ces courses),
  • mes accompagnateurs (énorme boulot, stress et fatigue pour me suivre),
  • toutes les personnes qui participent de près ou de loin à ce projet solidaire,
  • tout le monde pour votre suivi, vos mots, vos encouragements, etc.
Par | 2019-08-29T22:42:50+00:00 août 29th, 2019|Dossard solidaire, Récit de course|3 Commentaires

3 Commentaires

  1. Wolf Blandine 30/08/2019 à 8:22 - Répondre

    Très beau récit, très prenant. Quand on commence à le lire on a envie de connaître la suite et donc on va facilement jusqu’au bout.
    En tout cas un grand bravo à toi Philippe, performance exceptionnelle, tu dois (et tu peux) être très fier de toi.

  2. Ronan Bourdon 30/08/2019 à 6:27 - Répondre

    Superbe récit & photos, qui me donnent envie d’y aller.. mais en rando 🙂
    Bravo pour l’exploit sportif malgré ta blessure de début de saison. Et bien sûr pour le beau projet qui a dû te faire avancer quand les jambes ne répondaient plus!

  3. Michel Crevatin 05/09/2019 à 9:45 - Répondre

    Bravo ! C’est bien ma région natal. Bel hommage à la chaîne du Belledone !
    Tu as parcouru en 48h ce que j’ai découvert en 10 ans ! Super mental. Chapeau bas.

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