CCC 2015 – 101km 6100m D+

Tout commence début janvier : j’apprends que je suis tiré au sort pour participer à la CCC. 2015 Mon premier ultra dans les Alpes. Beaucoup de joie et un soupçon d’appréhension m’envahissent car, je ne pensais pas être tiré au sort dès la première année avec une chance sur 3. Une fois l’euphorie passée, je commence à penser préparation..Il va falloir être efficace et assidu pour pouvoir profiter au maximum de ce beau défi le jour J (en espérant que cette aventure ne dure pas plus d’un jour !).

Je décide de planifier ma saison autour de cet objectif ultime.. boucler ces 101km (oui le dernier km a son importance, surtout dans la tête…). Ma préparation se déroule sur 12 semaines avec une première partie de préparation physique, une seconde de préparation plus générale et un dernier bloc de préparation spécifique. Ce dernier bloc comprend le trail du tour des Fiz, version 8 refuges afin de faire un weekend dans les Alpes et faire du dénivelé ! Sans rentrer dans le détail, la préparation se passe plutôt bien… C’est donc en forme (et avec beaucoup d’appréhension) que j’aborde la CCC 2015.

 
Me voilà à Chamonix !

Comme à son habitude, j’arrive à Chamonix la veille de la course. Ma belle-sœur assurera mon assistance lors de cette CCC. Une fois sur place, je profite de l’ambiance pour m’immerger et me plonger dans la course.. Après la récupération du dossard, nous traînons un peu dans le salon du trail avant de retrouver notre chambre aux Houches pour une ultime vérification du sac et un dernier repas, plutôt light avant de se coucher tôt..

Vendredi 28 août, réveil à 5h30, petit déjeuner dans la chambre et préparation, pour la course puis départ en navette à 7h des Houches pour rejoindre directement Courmayeur. Après la traversée du tunnel, nous arrivons vers 8h sur le parking au contre-bas de Courmayeur. Je rejoins les SAS tranquillement pour un départ à 9h00 (SAS N°2). La tension monte minute après minute.. Après le briefing de course, la tant attendue hymne des 3 pays est lancée, suivie du compte à rebours et musique de Vangelis pour un départ dans les rues de Courmayeur. Beaucoup de personnes présentes avec des encouragements, applaudissements et le son des cloches secouées sur notre passage.

Ce départ donne des frissons !!! Après quelques kilomètres, la première difficulté de la journée, la Tête de la Tronche, 10 km et 1500 m D+. Après un départ prudent, j’atteins le sommet en 02:15 en 442ème position. Paysages magnifiques, nous sommes tous à la queue leu leu jusqu’au sommet, nous avons le temps de regarder ce cadeau de la nature.

 
Sommet de la Tête de la Tronche

Nous entamons ensuite la descente vers le premier ravitaillement au refuge de Bertone, 4.4 km descendus en un peu plus de  35 min. Cette descente est agréable et très roulante. Arrêt pour remplir mes deux bidons et boire un peu de Coca et départ vers le ravitaillement suivant au refuge Bonatti, atteint en 3:54 de course. Paysages splendides, nous en prenons pleins les yeux en ce début de course. Nous parcourons un chemin en balcon avec une superbe vue sur la chaîne du Mont-Blanc. Je prends énormément de plaisir à chaque foulée sur cette portion !! Seul bémol, il fait déjà chaud ce il va faire de plus en plus chaud…Je vais devoir adapter mon allure de course à cette météo afin de ne pas la subir (ou limiter la casse…).

J’arrive ensuite au ravitaillement Arnuva, 27km de course. Ravitaillement copieux avec une soupe soupe de vermicelles, du fromage et quelques tranches de saucisson, un vrai festin… L’accueil est chaleureux, bénévoles et supporters nous encouragent., Il fait beau, il fait chaud, nous sommes dans un cadre magnifique, je savoure malgré des sensations moyennes liées à la chaleur. Je fais le plein d’eau avant de partir et maintenant place au Grand col Ferret et ses 800 m de D+. Je monte à mon rythme avec une marche active relativement efficace (je vais payer cet effort, mais ça je ne le sais pas encore…). Je passe le sommet après 6h24 de course et 32 km depuis le départ.

En route vers Champex

Maintenant place à une longue (très longue) descente jusqu’au prochain ravitaillement à la Fouly, 9.7 km plus loin. Les positions se figent dans mon petit groupe, peu de dépassements !!! Je décide de m’arrêter environ 20 minutes à ce ravito car me sens de plus en plus faible.. Manque de pêche malgré une hydratation importante… Je repards péniblement après quelques vomissements.

Prochain arrêt et premier objectif pour moi : le ravitaillement de Champex où je vais retrouver mon assistance. Cela me permettra de discuter un peu, de me changer les idées, de faire le point à ce stade de la course et essayer de reprendre de l’énergie… La seconde course va bientôt commencer … La course de nuit prenant le relai de cette belle et chaude journée. Nouvelle ambiance au programme. Il m’aura fallu 10:25 pour arriver à Champex et me ravitailler, e tout en perdant environ 50 places en arrivant au km 56 de course. Comme espéré, lors de ce ravito : moment de partage exceptionnel et le plaisir de voir et discuter avec ma belle-sœur d’autre chose que la course, pouvoir manger et me reposer !! Je continue à me sentir faible, mais décide de continuer pour voir ce que donne les prochains kms ! Je me change, recharge mes gourdes, mange et repars.
  

Maintenant une nouvelle course commence. Lors de la prochaine montée, je commence à me sentir mieux et discute avec une autre concurrente, très sympa. Nous augmentons le rythme de croisière.
 

2h30 plus tard j’arrive au point de contrôle de la Giète distant de 11.7 km. Cette partie passe très bien, je retrouve de bonnes sensations et me réalimente correctement. L’ambiance de la course de nuit me reboost.. Je ne sens pas trop la fatgue. La température commence à baisser. La descente vers Trient est très sympa, je prends beaucoup de plaisir et regagne des places. Pas de grosses douleurs côté articulations, les indicateurs sont au vert. J’arrive au ravitaillement de Trient en 691ème place et 14h37 de course. J’ai parcouru 72 km, il ne me reste que 30km petis kilomètres. Je décide de me poser un peu et de profiter de mon assistance. Je repars 45 minutes plus tard (et oui je prends mon temps sur les raivots)…

L’ascension suivante se passe plutôt bien. Début un peu compliqué après cette pause, mais tout va bien. Je me sens de mieux en mieux.. en rythme de croisière, je savoure chaque moment. Je parcours les 5.2 km et 800 m D+, avec un moment inoubliable : des vaches noires à grosses cornes sur le sentier avant l’arrivée au sommet de Bovine. Cela fait 16h49 que je suis parti de Courmayeur.

 

Vallorcine

Maintenant grosse descente vers Vallorcine, 6km parcourus en 1h30, je descends rapidement et me laisse porter, que c’est bon de descendre comme ça.. J’arrive au ravitaillement de Vallorcine au bout de 17:17 de course et 83 km. Une soupe de vermicelles, du coca, des fruits et 40 min plus tard départ vers le dernier gros morceau, la Tête au Vent.

Col que je redoutais avant le départ.. Mais à ce stade, je décide de débrancher mon cerveau, j’allume mon iPod et me fixe mon rythme d’ascension sans me poser de question. Objectif : rester sur un rythme d’ascension de 600m/heure au moins.

J’attends le sommet de la Tête au Vent après 2h25, en 571ème position à 90km de course. Dernière grosse difficulté avec des grandes marches mais même à ce stade de la course j’ai pris du plaisir, sûrement parce que j’étais bien préparé et que j’ai doublé du monde lors de l’ascension ce qui est bon moralement. Je continue donc vers la Flégère (distant de 3 km de la Tête au Vent). Parcours sympa, un peu technique avec beaucoup de cailloux en balcon. Il faut rester vigilent malgré la fatigue qui s’installe.

 

Flégère

Ça y est, j’arrive à la Flégère, de nuit, il ne me reste plus que 8km de descente vers Chamonix. Je prends un rapide raivto, discute avec quelques bénévoles avant de repartir. Sauf gros problème lors de la descente, la course est faite, je devrais être finisher de cette CCC.

Mon genou commence à me faire souffrir sur cette descente, je baisse le rythme. Finalement il me faudra 1h environ pour descendre ces 8km, les 4 derniers étaient roulants. Le soleil commence à se lever, plutôt une bonne nouvelle. Le temps passe, Chamonix se rapproche. Une grande émotion commence à m’envahir. Les passants dans les rues de Chamonix me félicitent et à 200 m de l’arrivée je réalise !!! Je passe cette arche tant convoitée pour rejoindre ma belle-sœur. Quel beau moment ! Difficile à décrire : mélange de joie, fierté, fatigue… J’y suis ! je passe enfin  sous la fameuse arche de l’UTMB.

Sur un nuage!

FINISHER en 21h36 !!! Je suis sur un nuage. J’ai mis à peine plus de 36 minutes de plus que mon objectif visé, malgré la chaleur!

Je passe ensuite retirer ma polaire de finisher CCC, que j’enfile fièrement. Puis je prends le temps pour réaliser une petite séance photo avec ma photographe perso. Je prends ensuite un bon café chaud, offert par l’organisation, au top !. Mais le sommeil me rattrape et je commence à avoir froid. Nous nous dirigeons vers notre hôtel aux Houches. Après une bonne, longue douche chaude, je m’endormirai à peine la tête posée sur l’oreiller, le sentiment d’avoir relevé mon défi!

Un GRAND merci à mon assistance, ma famille et ami(e)s qui m’ont suivi, encouragé et boosté afin de terminer cette course !! merci également à tous les bénévoles et les supporters tout au long du parcours pour leur soutien.

Par | 2017-10-11T22:12:58+00:00 septembre 11th, 2015|Récit de course|0 commentaire

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