6000D 2016 – 65km 3300m D+

Cette course était sur ma liste de course pour 2016.. Celle-ci se glissait bien dans le calendrier prévisionnel de ma saison..

La 6000D, également appelée la course des géants est une épreuve mythique qui se déroule à Aime, sur la station de La Plagne, en Savoie.

En 2014 j’avais couru sa petite sœur, lors de la 25ème édition, la 2lacs ! Me revoilà sur le départ en 2016.  Cette 6000D peut se résumer en une montée et une descente ! Profil simple sur le papier, sans dents de scie, montagnes Russe : le parcours emprunte une longue portion de montée entre le départ situé au centre d’Aime à 670m d’altitude et le glacier situé à 3047m. Une fois en haut, nous sommes à environ mi-course et le parcours nous fait redescendre par un autre versant vers Aime pour une belle boucle de 65km et un peu plus de 3000m de dénivelé positif… Et oui, la 6000D ne fait pas 6000m de déniv postif (son nom correspond dénivelé positif et négatif cumulé !).

Nous profitons de cette course pour prendre quelques jours de congés. Nous arrivons donc à La Plagne en fin de matinée, la veille du départ. J’ai donc le temps de récupérer le dossard puis de nous installer dans nos quartiers situés La Plagne belle-côte. Je prépare mes affaires… Je fais le choix de partir avec un sac de 5l (Raidlight Olmo), cela suffit pour cette distance.

Le temps passe vite et il est déjà le temps d’aller se coucher car le départ a lieu à 6h le lendemain dans la vallée… Comme d’habitude, la nuit n’est pas terrible…. On s’y habitue.

Jour de départ. J’ai hâte de découvrir ces sentiers et d’aller me dégourdir les pattes. J’avale bon petit dej standard composé d’un cake, banane, compote et café ! Puis direction Aime ! Je me sens plutôt bien , le temps est très doux.. Je prends le départ en short, maillot et manchettes. Je me place dans le dernier tiers du peloton, l’ambiance est super agréable.

Après quelques animations, le compte à rebours est lancé… Il est 6h, c’est parti ! le départ est assez tranquille, ça me convient plutôt bien et je peux ainsi échauffer les jambes! Je suis un diesel qui a besoin de temps.. Le parcours nous fait redescendre un petit peu avant d’apercevoir les premières portions d’ascensions. Les premiers coureurs marchent, mais la majeure partie du peloton trottine encore malgré la montée… Prudence, ne pas m’emballer la route est encore longue, il reste une montée de 2500M de D+… Je marche bien quand ça monte, je relance en courant sur les  replats : je suis le mouvement du peloton…

Le soleil se lève sur les montagnes, et dès que l’on quitte les sous-bois, le spectacle est saisissant, la montagne se réveille et le soleil nous réchauffe (vite..) !

Quelques kms plus tard, j’arrive à Plagne Montalbert, situé à 1350m d’altitude. Déjà 700m de dénivelé de fait. Je suis en alterne course et marche active en fonction de la pente. Les premiers spectateurs matinaux nous encouragent dans ce bourg, la montée continue entre alpages et sous-bois. J’essaye de trouver mon rythme.

Nous arrivons à la piste de Bobsleigh des JO d’Albertville. Une des particularités de cette course consiste à emprunter cette piste dans le sens inverse. J’y arrive après 14km de course et le premier contrôle de course. La piste est bétonnée, la montée est assez douce et nous courons dedans. La musique résonne à travers les enceintes qui jalonnent notre ascension, moment super sympa.

Une fois sorti de la piste, j’entame la prochaine montée. Le soleil commence à chauffer un peu. Quelques minutes plus tard, j’arrive au premier ravitaillement qui est situé au 20ème km. Je refais le plein d’eau dans mes bidons et bois un vers de coca. Quelques Tucs plus tard, me voilà en route.. C’est pas tout, il y a encore un peu plus de 1000m de dénivelé au programme de la journée!

 

Le sentier est large, une piste en faux plat montant qui n’est pas facile à appréhender car on est tenté de courir… Je n’aime pas ces sentiers ! Trop larges, sans grands intérêts.. J’alterne course, et marche active. Nous croisons des coureurs de la 6D Lac, entrainant un peu de trafic et bouchons pour le coup ! Mais les paysages sont magnifiques.

Le sentier s’élève pour atteindre la Roche de Mio à 2681m d’altitude au 27ème km. Je remonte quelques places depuis le début de la course mais je ne me sens pas super bien en montée. Quelques douleurs de genou gauche..

Une fois la roche de Miot passée, nous entamons la première descente qui nous ramène 200m de dénivelé plus bas. Cette descente fait du bien et permet d’allonger un peu la foulée. Par contre même remarque, sentier large, descente sur une piste 4×4 très (trop) peu technique. Je reste vigilant, il ne s’agit pas de trop puiser avant l’ultime montée du glacier.

Me voilà au ravito suivant : Col de la Chiaupe (2491m). Celui-ci se situe au pied du fameux glacier. Une fois ce ravito passé nous entamerons une petite boucle pour revenir tout à l’heure sur ce ravitaillement. Je me sens fatigué mais relativement bien même si inévitablement ça commence à creuser un peu et à tirer sur les jambes. Je prends donc le temps de bien refaire le plein avant de repartir du ravito.

Et c’est parti … me voilà dans cette fameuse montée du Glacier à 3047m d’altitude. Je sais que ça va être difficile et je sais que je manque cruellement d’entrainement cette année pour ce type de course.. Je décide d’y aller doucement et me cale dans les pas d’un groupe de coureurs qui me précèdes. Ils avancent à un rythme qui me convient. Je m’efforce de ne pas trop lever la tête car ça va être long… Petit coup dans le moral, j’aperçois d’autres coureurs qui redescendent et en terminent EUX avec cette montée. Allez on serre les dents, je connais ce type d’effort, pas de panique il faut gérer, monter de façon régulière… et pas après pas, atteindre le sommet.

Pas mal de personnes qui se posent au fur et à mesure de la montée. Dur dur cette fin de montée.

La neige est bien présente à 3000m d’altitude, par petites plaques. On monte encore un petit peu avant de basculer pour la descente. Une fois arrivé en haut, nouveau point de contrôle et surtout ma femme présente.. Cela fait du bien ! J’en profite pour faire une pause, me poser un peu, discuter et reprendre des forces. Après quelques minutes, je repars pour amorcer la descente. C’est parti malgré ma douleur au genou qui reste toujours présente. Même si j’aime les descentes en temps normal, je ne me sens pas à l’aise. J’essaie de penser à autre chose, de m’alimenter. On traverse des névés avec de belles glissages sur les fesses!

La descente vers le ravito se passe de moins en moins bien… Je suis dans le dur, et les douleurs de genou s’emplifient. Point positif de cette descente, c’est à présent mon tour d’encourager les coureurs qui font leur ascension vers le glacier. Je m’arrête au ravito du Col de la Chiaupe, pour boire deux coca, grignoter quelques fruits, refaire le plein d’eau et repartir.. L’envie n’y est pas, mais vraiment pas..

La descente se fait de moins en moins raide, avec des portions à plat, je cours toujours et continue ma progression. Les paysages sont magnifiques, on peut lever la tête et profiter de cette belle journée de montagne.

Après le pointage du Chalet du Carroley, je débute la dernière difficulté : le Col de l’Arpette. Col que j’avais déjà emprunté lors du trail des 2 lacs.. Cette dernière montée de 300D+ est dès les premiers segments, relativement compliquée pour moi.. Je pioche et ne parviens pas à accrocher les coureurs devant moi. La montée n’est pas très longue mais laisse des traves. J’arrive péniblement au sommet..

Et c’est reparti pour un profil descendant jusqu’à l’arrivée maintenant, toujours du chemin très larges… Bof la motivation ! Je peine à relancer mais je trottine. Je continue à me fais doubler, l’impression d’être à l’arrêt. J’ai des douleurs de genoux… Je grimace pas mal mais je m’accroche, le prochain ravito de Plagne Bellecôte, arrive avec la présence de ma femme. Cela fera du bien.

 

​J’arrive à Plagne Bellecôte, km 45, avec du moins bien depuis quelques kilomètres. J’espère que cela va évoluer et va tourner si je fais le dos rond. Je prends le temps de m’alimenter hors ravito, posé de côté.

Le prochain ravito est dans 10Kkm, j’essaye de couper le reste de la course en petit bloc dans ma tête.. Cela m’aide à avancer et fractionner cette fin de course. J’essaye de reprendre un petit rythme de course sur les sentiers en sous-bois. Nous alternons entre de la descente, du plat et de courtes montées.

Nous passons ensuite Montchavin. Mon état ne s’améliore pas. Je me sens faible. Je paye mon manque de préparation, une fois de plus. Je me traine sur cette ultime portion de course : l’arrivée est dans 10km.

Et c’est là que je vais souffrir et être dans le dur… La fin de la descente est pénible et très douloureuse pour mon genou, je me sens épuisé, vidé. Encore quelques kilomètres, il faut tenir.

Je passe le bourg de Sangot et voilà cette fameuse piste cyclable dont j’ai beaucoup entendu parlé… et pas forcément en bien ;). Une longue ligne droite où je peine à trottiner. Alors je m’efforce à alterner course, marche, etc. Je m’accroche et entre dans le bourg d’Aime où il y a foule.

Derniers mètres, petit tour en ville, un dernier virage et j’aperçois l’arche d’arrivée. J’étais rarement aussi heureux de voir cette ligne pour en finir après 10h33 de course, 65km, 6000m de dénivelé cumulé… Voilà c’est fini, quel soulagement !

Je reviens déçu de cette course : surtout de mes performances et le manque de préparation, mais également des sentiers et itinéraire de la course. Trop « roulants », des chemins larges et encore des chemins larges. Malgré son apparence, cette course n’est pas des plus simple, elle se mérite et est exigeante.

Alors, pour faire original, 6000 merci aux bénévoles et à mes proches pour les messages…. C’était une belle journée de montagne avant le retour sur mes terres normandes.

Ce fût une sacrée journée de trail sur cette 6000D.

Par | 2017-10-06T21:52:44+00:00 août 13th, 2016|Récit de course|0 commentaire

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